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Parti communiste français

Déclaration de Daniel Cirera

Responsable des relations internationales

 

Sur les résultats des élections présidentielles

en Iran

 

Les résultats des élections présidentielles iraniennes, avec le succès d’un ultra-conservateur intégriste, posent de lourdes questions.

Le passé le plus récent a certes montré que l’élection d’un « modéré » ou « réformateur » à la Présidence de la République iranienne ne change que peu de choses dans un pays dirigé d’une main de fer par une hiérarchie religieuse qui accapare tous les pouvoirs réels et les exerce en bafouant les principes élémentaires de la démocratie et les Droits de l’homme. Mais l’accession de Mahmoud Ahmadinejad, ancien responsable des « Pasdarans », ces forces spéciales de la répression et de la dureté idéologique, comporte le risque d’un regain de radicalisation dans l’autoritarisme, d’un nouveau renforcement du système et du pouvoir des mollahs. Ceux-ci organisent des « élections » en triant les candidats, en excluant celles et ceux  jugés indésirables, en particulier les démocrates. Ces derniers avaient ainsi appelé au boycott d’un scrutin qui reste le produit d’une dictature des plus rigides.

L’échec cinglant de l’ancien Président Ali Hachemi Rafsandjani témoigne aussi du rejet profond par l’électorat populaire d’un système théocratique corrompu qui n’a résolu aucun des problèmes sociaux.  La pauvreté et le chômage sont des réalités massives en Iran. Il est inquiétant que les populations les plus marginalisées, celles qui ne se sentent pas représentées par la hiérarchie religieuse et par une bourgeoisie qui profite du système, aient pu choisir par défaut celui qui correspond à  une plus grave menace pour les libertés. Ceci témoigne de l’impasse politique iranienne et des risques de crise pour l’avenir.

Le parti communiste, avec les progressistes français, doivent apporter leur solidarité à toutes celles et ceux - démocrates, forces de gauche et courants laïques dans leur diversité - qui combattent dans un contexte particulièrement difficile en faveur des libertés et d’un Etat de droit. Les autorités françaises et européennes doivent elles aussi se sentir interpellées.

Vigilance aussi pour que cette nouvelle situation politique en Iran ne conduise pas à des tensions régionales accrues dans un contexte déjà critique. Les premières déclarations américaines sonnent comme une mise en garde menaçante et sont préoccupantes.

Le Moyen-Orient a un besoin urgent de démocratie, de justice, de désarmement, notamment nucléaire, et de paix.

Le résultat des élections iraniennes ne contribue pas à en simplifier le chemin.