Oui à la reconnaissance du KONGRA-GEL
Non à sa qualification comme « terroriste »
Le 3 avril 2004, l’Union Européenne a mis le Congrès du Peuple du Kurdistan, le KONGRA-GEL, sur le liste des organisations « terroristes ».
Cette décision s’ajoute à toutes celles qui visent depuis près de 100 ans à ne pas reconnaître les droits élémentaires de ce peuple kurde martyr. Plus récemment, en janvier 2004, le CSA, organisme « indépendant », interdisait la poursuite de la diffusion de la chaîne de télévision Médya-TV à partir de la France. Cette chaîne maintenait un lien précieux entre les membres de la diaspora kurde partout en Europe et jusqu’en Turquie. Des élus du peuple, députés ou maires, sont retenus en prison du seul fait qu’ils sont représentants des kurdes.
Le KONGRA-GEL a été fondé en novembre 2003 par le regroupement d’autres mouvements kurdes pour faire campagne de manière plus efficace en faveur des droits du peuple kurde. Toutes les organisations constitutives avaient officiellement renoncé à la lutte armée depuis plus de 6 ans et elles ont tenu leur engagement.
Le KONGRA-GEL a repris à son compte « la feuille de route », ensemble de propositions faites par le PKK puis le KADEK au gouvernement turc pour l’ouverture de négociations devant aboutir, au terme d’un processus démocratique, à reconnaître les droits humains, politiques et culturels d’une minorité qui comprend 25 millions de personnes sur les 70 millions de citoyens turcs. Les kurdes représentent en tout 40 millions de personnes en Europe qui demandent simplement la Justice et la Paix.
La solution au problème kurde est indispensable à la stabilisation démocratique au Moyen Orient. Le KONGRA-GEL n’est pas une organisation terroriste., c’est l’interlocuteur que s’est donné le peuple kurde pour le représenter.
Nous, organisations signataires,
Nous refusons que le peuple kurde fasse les frais d’obscures tractations entre l’Union Européenne et la Turquie,
Nous appelons l’Union Européenne à annuler cette décision injuste qui frappe d’ostracisme une organisation aux objectifs démocratiques,
Nous appelons les milieux démocratiques européens à agir pour la reconnaissance des droits du Peuple Kurde, condition indispensable au rétablissement de la démocratie au Moyen Orient.
Paris le 27 avril 2004